La Chine et l’Europe

[ Par Andy Scott, China Briefing ]

L’union européenne est le plus important partenaire commercial de la Chine, et en dépit du protectionnisme croissant en Chine continentale, les hommes d’affaires européens restent optimistes, mais pour combien de temps encore? Alors que les gains de certaines entreprises européennes ont renforcé les liens entre l’UE et la Chine, la baisse des exportations et la hausse des barrières causent de nombreux problèmes.

La hausse du protectionnisme

L’Union européenne a récemment déposé une plainte auprès de l’organisation mondiale du commerce contre la Chine sur la base que Pékin aidait de manière désavantageuse les producteurs nationaux d’acier, d’aluminium et de produits chimiques en blocquant effectivement les exportations à l’étranger sur les matières premières nécessaires pour la production d’acier, d’aluminium et de produits chimiques. La plainte accuse les compagnies chinoises de ces secteurs d’obtenir en priorité et à des prix très faibles les matières premières de la part des producteurs domestiques. Cela leur permet de concurrencer injustement les compagnies étrangères qui doivent acheter leurs matières prémières sur le libre marché. Ce dernier présente d’ailleurs des prix plus élevés du fait que le manque de production chinoise limite la disponibilité des fournitures.

Les Etats-Unis ont déposé une plainte similaire, déclarant qu’il apparaît qu’il existe « une politique plannifiée pour crée des conditions de préférences injustes en faveur des industries chinoises en faisant en sorte que les matières premières soient moins chères pour les compagnies chinoises, et par conséquent que les biens soient plus économiques à produire pour ces dernières ».

En réponse, le ministre chinois du commerce a annoncé lors d’une déclaration; « Le principal objective des politiques chinoises relatives aux exportations est la protection de l’envirronement et des ressources naturelles. La Chine est persuadée que les politiques en question restent conformes avec les régulations de l’OMC ».

Pékin ne devrait pas modifier ses politiques à court terme comme les projets d’infrastructure lancés à la suite de l’imposant plan de relance augmentent et commencent à requérir des produits en acier et en aluminium qui bénéficient des pratiques commerciales supposées non équitables.

La récente plainte auprès de l’OMC n’est pas la première fois que l’UE a des problèmes avec les politiques protectionistes chinoises. Dans son rapport blanc de 2008/2009, la chambre de commerce de l’UE en Chine (EUCCC) a établi qu’en dépit des améliorations de certains secteurs, les compagnies européennes ne se voient pas accorder un accès juste et égal aux marchés en Chine.

“Dans bien des domaines, les compagnies européennes attendent encore un accès libre et égal au marché chinois et ce au regard des engagements fait auprès de l’OMC et dans l’esprit des membres de l’OMC ». En juin, Pékin a introduit une nouvelle politique intitulée « acheter chinois » qui pourrait bien compliquer les relations commerciales avec l’étranger et encourager le protectionisme. La nouvelle politique stipule que seuls les produits et services chinois peuvent être utilisés lors de marché public à l’exception où ces produits et services ne sont pas disponibles au sein du pays ou ne peuvent pas être achetés à des termes commerciaux et légaux raisonnables.

Cette mesure est une réponse aux rapports des associations des industries locales se plaignant que les gouvernements locaux pratiquaient une discrimination en faveur des fournisseurs étrangers lors de l’attribution des projets liés au plan de stimulation chinois de 4000 milliards de RMB. Depuis que les exportations chinoises et les investissements directs étrangers ont diminué au cours des derniers mois, l’économie s’est en grande partie maintenue à flot grâce à la mise en place du massif plan de relance qui a augmenté les aides, les prêts de la part des banques détenues par l’état et les dépenses d’infrastructures.

Les Ecotechnologies et les innovations nourrissent l’optimisme

Malgré les récents mouvements de Pékin vers le protectionisme, les compagnies européennes restent pour la pluspart positives quant à leurs investissements en Chine. Selon l’EUCCC, « l’affirmation (par Pékin) de la place prioritaire donnée à l’innovation, l’ouverture et la compétitition » et les efforts chinois pour assurer « une croissance équilibrée et soutenable » ont été encouragenants.

L’UE est le premier fournisseur de la Chine en technologie et les compagnies européennes portent un intérêt bienveillant à l’égard du secteur bourgeonnant des écotechnologies en Chine. Lors du second dialogue économique et commercial entre les autorités européennes et chinoises tenu en mai, l’ambassadeur Serge Abou, à la tête de la délégation pour la commission européenne, a déclaré que les entreprises européennes s’attendent à augmenter leurs participations dans les nouvelles énergies propres et renouvellables en Chine.

La Chine contribue pour 57% aux réductions mondiales d’émission certifiées (CER) et ce via plus de 500 projets de mécanismes de développement propre enregistrés auprès de l’ONU. Avec le protocol de Kyoto, les pays développés peuvent réduire leurs émissions en apportant des financements ou des technologies dans des projets liés aux mécanismes de développement des pays en développement. Les compagnies européennes sont des acheteurs majeurs des CER chinois.
Reproduit avec l’aimable autorisation de China Briefing magazine

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